"Il y a dix ans, Kurt Cobain, le chanteur de Nirvana...
Je ne sais plus quel journaliste a dit : "J'ai vu le futur du rock'n'roll et son nom est Bruce Spingsteen". C'est Jon Landau, le 9 mai 1974, me souffle-t-on à l'oreille. Marrant, j'ai toujours eu horreur des rock critics. Vingt ans plus tard, le 5 avril 1994, Kurt Cobain abandonnait tout à 27 ans. Les micros et les guitares, Krist Novoselic à la basse et Dave Grohl à la batterie, Courtney et leur fille Frances Bean, la terre et tout le reste. Nirvana. C'était évident. Dès les premières attaques de guitare, dès les premières images volontairement crasseuses de Smells Like Teen Spirit, on avait compris. Rien que pour cette juxtaposition génial du refrain Here we are now, entertain us, I feel stupid and contagious, et de ce petit vieux s'agitant enfin après toutes ces années avec son balai au ralenti. Un instinct sauvage, une réaction primale, un rejet du moi poussé à son paroxysme (I hate myself and I want to die). Le tout échappant miraculeusement à l'industrie du disque, avant que celle-ci, devant l'impact dément, ne clone à l'infini le modèle nirvanesque. C'est quoi le grunge ? Pas le temps de t'expliquer. Des chemises de bûcheron trop larges qui sortent d'un jean troué, rapiécé, délavé. T'auras qu'à dire ça. Avant que Yann Moix ou son frère ne propose le rôle de Kurt à Michael Youn, croisons les doigts une dernière fois.
Je ne sais plus quel journaliste a dit : "J'ai vu la fin du rock'n'roll et c'était le jour de la mort de Kurt Cobain."
C'est peut-être moi."
P.O.M
Article découpé il y a 4 ans dans je ne sais plus quel journal.